De kottayam, nous sommes arrivé en fin d’après-midi en taxi à Kumily : petite ville aux portes de Periyar ; une des réserves animalières de Kerala. J’y étais allé il y a 20 ans de cela et j’avais plutôt aimé ; à l’époque, Periyar était surtout un endroit de villégiature locale avec le bien (peu de touristes occidentaux ; ce qui donnait l’impression d’être des explorateurs) et le moins bien ( il valait mieux viser la barque qui avait le moins de familles indiennes dessus : super sympa mais un peu bruyantes, donc difficilement compatibles avec l’observation des animaux qui viennent se désaltérer). Depuis de l’eau a coulé dans le lac et Kumily est devenu le spot touristique de la région : visites guidées de jardins de thé et d’épices, trecks clés en main en bateaux, à pieds, en vélo,  à dos d’éléphant et même en 4×4. Nous sommes parties le lendemain matin pour Madurai. Ce n’était pas vraiment de ça dont on avait envie.

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Madurai

Ville sainte, bruyante, colorée, infernale. Tout tourne autour du temple de Sri Meenaskhi, le cœur  de la ville.

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Un gros coeur :  plus de 5 hectares avec onze gopuram (des tours), un enchevêtrement de couloirs, de galeries, de salles pleines de colonnes, de bassins d’ablutions et d’autels.

Les vendeurs de fleurs dont les indiennes se parent les cheveux où qui sont offertes aux divinités sont aux abords du temple.

Beaucoup de femmes se pressent près de l’entrée. Peut-être y a t-il autant d’hommes mais les saris chamarrés attirent l’œil et on ne voit qu’elles.

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L’idée est d’aller au temple à différentes heures de la journée. Le matin, c’est très animé,

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il y a les mariages, les promesses de mariage, les vœux pour qu’une grossesse s’accomplisse sereinement. Tout le monde vient en famille, se met à l’aise, pique nique, offre des bonbons, des petits bracelets aux passants. Des jeunes filles ont mis au moins 5 minutes pour me passer 3 bracelets au poignet ; elles en ont cassé 2 :  j’avais la sensation désagréable d’être une sorte de monstre.

Au temple, on sert aussi des repas gratuitement à ceux qui le souhaitent et quelque soit leur situation sociale et financière ; les gens attendent leur tour en discutant tranquillement. Les femmes nous demandent de les photographier ; on leur montre le résultat, beaucoup rient de bon cœur et commentent. on a passé un bon moment avec elles.

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Les jeunes mariés se font photographier par toute la famille et les passants.

Certaines ont l’air heureuses …

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  … d’autres … moins !  

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On en profite également pour se faire bénir par l’éléphant de service. Une petite pièce (ou un billet) qu’il prend délicatement avec sa trompe en échange d’une bénédiction « décoiffante » .

Pendant qu’Isabelle croquait son éléphant, j’observais les badauds effarouchés par cet animal placide qui fait et refait les mêmes gestes toute la « sainte  journée » et j’ai vu des gens que je ne citerai pas, profiter de l’inattention de son propriétaire pour induire en erreur le « bénisseur » en faisant semblant de lui donner la pièce.

Dans quel monde vit-on ?


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Un peu partout, des vendeurs d’offrandes : petites lampes à huile que l’on va déposer sur les autels disséminés dans le temple.

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Plus loin, des hommes confectionnent d’autres offrandes : des guirlandes de fleurs à déposer sur les divinités, ou plutôt leur représentation. Ça a l’air rustique comme ça, mais après qu’Isabelle ait pris un des ouvriers en photo, il lui a donné son adresse Mèl. ainsi que ses coordonnées Facebook pour qu’elle lui envoie la photo !

Parfois, un arc en ciel passe subrepticement entre les colonnes !

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 En fin de journée, c’est plus calme.
Les gens papotent à l’intérieur ou dehors, adossés aux énormes piliers.

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Le temps s’écoule tranquillement et les « bancs publics » ont fière allure.

Le soir, le bassin d’ablution est illuminé et on entre dans un autre monde

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Mais Madurai réserve bien d’autres surprises ; au détour d’une rue, la chaussée a été aménagée pour une cérémonie où ce soir là, quelques centaines de femmes sont rassemblées et chantent des Mantras. Certaines partent en transe, c’est impressionnant mais compréhensible ; nous, simples spectatrices étions  littéralement saoulées de musique et de couleurs. Nous sommes restées un bon moment.

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Le lendemain, nous y sommes retournées ; sur le trottoir nous nous sommes fait tirer les cartes par … un perroquet. Il parait que pour chacune de nous, le futur va être top ; enfin c’est ce que l’on a vaguement compris de ce que nous disait en tamoul le propriétaire du volatile médium.

On a vu passer une petite procession puis nous sommes allées au bazar juste en face du temple dont l’entrée est gardée par Nandi, le taureau-monture de Shiva .

Les tailleurs sont installés dans une des ailes du bazar, celle où sont proposés les tissus. Dans une autre, ce sont les chaudrons, les ustensiles de cuisine.

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On a acheté un peu de tissu, des bidules comme les presses-citrons super pratiques et qu’on ne trouve pas en France et nous nous sommes arrêtées fascinées devant le serrurier qui fait des clés avec une lime sur le bord des escaliers. Je lui en ai acheté quelque-unes dans l’idée d’en faire une sculpture un de ces jours.

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Nous sommes également allé à Tiruparankundram, petite bourgade à 8 kms de Madurai qui abrite un joli temple assez couru dans le même style coloré que celui de Madurai mais à taille « humaine » ;  comme nous l’avons visité en fin de journée, la ballade était tranquille. Nous pouvions y aller en bus mais nous sommes laissé séduire par le chant des sirènes ou plutôt de la flemme : un taxi à 300 rps pour 1 heure. Devant, un char de procession imposant et dessous quelques sâdhus qui regardent le temps s’écouler.


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Près du temple,  une sorte d’école pour moinillons avec dans la cour, un bel arbre à offrande.

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Il y en a qui a l’air drôlement pressé ! en retard pour un cours ? rattrapant ses copains que l’on a vu passer quelques instants plus tôt ?


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